Au cours des dernières décennies, la progression de l’obésité a placé la consommation de sucres au centre des préoccupations de santé publique. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique total ; une réduction supplémentaire à moins de 5 % fait l’objet d’une recommandation conditionnelle. Ces repères concernent l’alimentation générale et ne constituent pas, à eux seuls, un protocole d’apport en glucides pendant l’effort.
Dans ce contexte, édulcorants, arômes et autres additifs occupent une place courante dans l’alimentation, y compris dans les produits de nutrition sportive. Ces catégories ont des fonctions différentes et ne peuvent pas être considérées comme un ensemble homogène.
Pour les sportifs, une question mérite donc d’être examinée :
Que sait-on de leurs effets sur la santé et sur les performances ?
L’utilisation des édulcorants et des additifs en nutrition sportive
Boissons protéinées, gels et barres existent dans de nombreuses saveurs : biscuit, fruits rouges, cola et bien d’autres. Les arômes contribuent au goût, les édulcorants apportent une saveur sucrée et les colorants modifient l’aspect. La présence d’un arôme ne signifie pas nécessairement qu’un produit contient un édulcorant.
La réduction de la teneur en sucres n’est pas toujours l’objectif : certains produits destinés à l’effort apportent précisément des glucides. Leurs caractéristiques sensorielles peuvent faciliter la consommation dans ce contexte.
Comme pour les autres éléments de leur alimentation, les sportifs peuvent s’intéresser à la composition de ces produits, à leur fréquence d’utilisation et à leur tolérance individuelle.
Édulcorants et santé : interpréter les données
Certains édulcorants apportent peu ou pas d’énergie aux quantités utilisées. Cela ne suffit pas à établir leur effet à long terme sur la santé ; inversement, les résultats concernant un édulcorant ne s’appliquent pas automatiquement aux arômes ou à tous les additifs.
Une étude de la cohorte française NutriNet-Santé a suivi 105 588 personnes pendant une durée médiane de 9,1 ans [1]. Elle portait notamment sur l’aspartame, l’acésulfame K et le sucralose. Les plus grands consommateurs d’édulcorants présentaient, par rapport aux non-consommateurs, une association avec un risque relatif instantané de diabète de type 2 supérieur de 69 % : rapport de risques, ou HR, de 1,69. Les analyses tenaient compte de plusieurs facteurs, dont l’âge, le poids et l’activité physique. Ce résultat observationnel ne démontre pas une relation de cause à effet, ne correspond pas à 69 points de pourcentage de risque absolu et n’exclut pas une causalité inverse.
En 2023, l’OMS a formulé une recommandation conditionnelle de ne pas utiliser les édulcorants non sucrés pour contrôler le poids ou réduire le risque de maladies non transmissibles. Elle ne s’applique pas aux personnes ayant déjà un diabète et ne concerne pas les polyols. Il ne s’agit ni d’une interdiction générale de consommation ni d’une réévaluation des limites toxicologiques de chaque substance.
Les effets sur le microbiote intestinal
Le microbiote intestinal fait partie des mécanismes étudiés pour comprendre les liens possibles entre certains additifs et la santé métabolique. Les effets observés dépendent toutefois de la substance, de la quantité, de la durée et des personnes étudiées.
Le microbiote intervient notamment dans le métabolisme des nutriments et les interactions avec le système immunitaire. Des modifications de sa composition ne permettent pas, à elles seules, de conclure qu’un produit provoque une maladie.
Son rôle suscite aussi un intérêt en nutrition sportive. Pour autant, les études citées ici ne démontrent pas qu’un produit aromatisé ou édulcoré réduit les performances, la récupération ou les adaptations à l’entraînement.
Il convient également de distinguer les effets d’une substance précise de ceux d’un régime alimentaire pris dans son ensemble.
Deux exemples illustrent les questions étudiées et leurs limites :
- Les travaux de Suez et de ses collègues ont rapporté des modifications du microbiote et de la tolérance au glucose liées à des édulcorants, notamment à la saccharine, dans les conditions étudiées [2]. Ils ne permettent pas d’attribuer le même effet à tous les édulcorants ni à tous les sportifs.
- Dans un essai contrôlé de 11 jours auprès de 16 adultes en bonne santé, l’ajout de 15 g par jour de carboxyméthylcellulose, un émulsifiant, a modifié le microbiote et réduit sa diversité par rapport au groupe témoin [3]. Une augmentation modeste de l’inconfort abdominal après les repas a aussi été observée. Cet essai de petite taille ne démontre pas que tous les émulsifiants provoquent une inflammation ou une maladie chronique aux quantités habituellement consommées.
Conclusions
Les données spécifiques aux sportifs restent limitées. Les études observationnelles et les essais portant sur certaines substances soulèvent des questions, mais leurs résultats ne doivent pas être généralisés à l’ensemble des édulcorants, des arômes et des additifs.
Pour choisir un produit de nutrition sportive, il est utile d’examiner sa composition, les quantités apportées, son utilité dans la stratégie nutritionnelle et sa tolérance. Une formule simple ou une saveur neutre peut répondre à une préférence personnelle ; elle ne garantit pas, à elle seule, une meilleure santé ou de meilleures performances.
HyperGel 45 (1:0,8)
Gel énergétique apportant 45 g de glucides, avec un ratio maltodextrine:fructose de 1:0,8, et 165 mg de sodium, ou 400 mg dans la saveur Cacahuète salée. Disponible sans caféine ou avec 80 mg de caféine selon la version. Sa texture est fluide et sa formule ne contient pas d’édulcorants. Il accompagne les stratégies d’apport élevé en glucides. Certification antidopage Informed Sport.
HyperGel 30 (1:0,8) Hydro
HyperGel 30 Hydro apporte 30 g de glucides par prise, au ratio maltodextrine:fructose de 1:0,8, avec une texture très fluide. Il contient 110 mg de sodium dans les saveurs standard et 400 mg dans les saveurs Banane salée et Cacahuète salée. Disponible sans caféine ou avec 80 mg de caféine selon la version, dans plusieurs saveurs, dont une option neutre. Un format pratique pour les efforts d’endurance, notamment la course à pied.
HyperBar 45 (1:0,8), barre gélifiée riche en glucides
Barre énergétique gélifiée apportant 45 g de glucides, avec un ratio glucose:fructose de 1:0,8, et 165 mg de sodium. De saveur neutre, elle existe sans caféine ou avec 80 mg de caféine selon la version. Sa formule ne contient ni arômes, ni édulcorants, ni colorants. Elle permet de varier les formats dans une stratégie d’apport élevé en glucides.
Sans édulcorants artificiels
La gamme RAW réunit des compléments sans édulcorants artificiels pour les sportifs qui recherchent des formules simples, avec des options de saveur neutre. Elle comprend notamment gels, barres, protéines, acides aminés, créatines, vitamines et minéraux. La composition, les allergènes, la présence d’arômes, la certification et la compatibilité avec une alimentation végétalienne doivent être vérifiés sur la fiche et l’étiquette de chaque produit. Une saveur neutre ne garantit pas une meilleure tolérance digestive.
Questions fréquentes
Les édulcorants affectent-ils la santé des sportifs ?
Les données disponibles varient selon les substances et les conditions d’utilisation. Certaines associations avec la santé métabolique ont été observées, mais les études citées ne permettent pas d’en déduire un effet identique chez tous les sportifs.
Peuvent-ils affecter les performances sportives ?
Les études citées ne démontrent pas de diminution des performances sportives. Un mécanisme possible impliquant le microbiote ne suffit pas à établir cet effet.
Que dit l’OMS au sujet des édulcorants ?
Sa recommandation de 2023 concerne leur utilisation pour contrôler le poids ou réduire le risque de maladies non transmissibles. Elle est conditionnelle et ne remplace pas l’évaluation de la sécurité de chaque substance.
Faut-il éviter les produits aromatisés en nutrition sportive ?
La présence d’un arôme ne suffit pas à juger l’intérêt d’un produit. Une formule neutre peut être choisie selon les préférences et la tolérance, sans lui attribuer automatiquement un bénéfice supérieur pour la santé.
Auteur :
Pedro Valenzuela
Références
1. Debras C, Deschasaux-Tanguy M, Chazelas E, Sellem L, Druesne-Pecollo N, Esseddik Y, et al. Artificial Sweeteners and Risk of Type 2 Diabetes in the Prospective NutriNet-Santé Cohort. Diabetes Care. 2023;46(9):1681–1690. doi: 10.2337/dc23-0206.
2. Suez J, Korem T, Zeevi D, et al. Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota. Nature. 2014;514(7521):181–186. doi: 10.1038/nature13793.
3. Chassaing B, Compher C, Bonhomme B, et al. Randomized Controlled-Feeding Study of Dietary Emulsifier Carboxymethylcellulose Reveals Detrimental Impacts on the Gut Microbiota and Metabolome. Gastroenterology. 2022;162(3):743–756. doi: 10.1053/j.gastro.2021.11.006.
Repères complémentaires de l’OMS : recommandations sur les sucres libres (en anglais) ; recommandation de 2023 sur les édulcorants non sucrés (en anglais).
