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HIIT et obésité : quels effets de l’entraînement intense ?

Comparer le HIIT et l’exercice continu modéré : résultats sur la condition physique, la masse grasse et les indicateurs cardiométaboliques.

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HIIT et obésité : quels effets de l’entraînement intense ?

Le texte original citait 39 % de personnes en surpoids et 13 % vivant avec une obésité. Ces chiffres sont des repères historiques concernant les adultes, présents notamment dans les estimations de l’OMS pour 2014, et non une mesure actuelle de toute la population mondiale (1). L’obésité est une maladie complexe et multifactorielle ; sa prise en charge ne se réduit pas à la volonté individuelle. Une alimentation adaptée et l’activité physique peuvent contribuer à la santé et à la composition corporelle. La revue de Verheggen et collègues trouve une réduction de la graisse viscérale avec l’exercice comme avec une alimentation hypocalorique. La tendance en faveur de l’exercice pour ce critère n’atteignait pas le seuil statistique habituel (p = 0,08) : elle ne prouve pas une supériorité systématique. Une variation du poids ne reflète pas nécessairement la variation de graisse viscérale (2).

L’exercice continu d’intensité modérée, comme marcher d’un bon pas ou faire du vélo, est une option courante. Le HIIT alterne des périodes d’effort intense et de récupération ; selon les protocoles, les efforts peuvent durer de 30 secondes à plusieurs minutes. Les études citées rapportent des améliorations de la condition physique et de certains indicateurs de santé (3–9). Elles portent sur des populations et des programmes différents, notamment des sportifs entraînés et des patients sélectionnés : leurs résultats ne rendent pas tout protocole de HIIT sûr ou approprié pour toute personne vivant avec une obésité.

Le HIIT peut-il réduire la masse grasse ?

La méta-analyse de Maillard et collègues, publiée dans Sports Medicine en 2018, réunit 39 études et 617 participants. Elle rapporte une diminution de la masse grasse totale, abdominale et viscérale avec le HIIT. Des analyses de sous-groupes suggèrent des différences selon l’intensité et la pratique de la course ou du vélo : au-delà de 90 % de la fréquence cardiaque de pointe, l’effet observé sur la masse grasse totale était plus important, tandis que des intensités plus basses étaient associées à d’autres résultats sur les graisses abdominale et viscérale. Les protocoles et méthodes de mesure étaient hétérogènes ; ces comparaisons ne définissent pas une intensité optimale universelle ni une obligation de courir (10).

Est-ce la meilleure option en cas d’obésité ?

Plusieurs travaux ont comparé HIIT et entraînement continu modéré. Dans l’essai de Fisher publié dans PLOS ONE, 28 jeunes hommes sédentaires en surpoids ou vivant avec une obésité ont été répartis entre deux programmes de six semaines. Le HIIT comprenait trois séances hebdomadaires de 20 minutes sur vélo, avec quatre efforts de 30 secondes à 85 % de la puissance anaérobie maximale, séparés par quatre minutes à faible intensité. Le programme modéré comportait 45 à 60 minutes de vélo à 55–65 % du VO2 de pointe , cinq jours par semaine (11). Les deux programmes étaient associés à des améliorations de plusieurs indicateurs, dont le pourcentage de masse grasse, certains paramètres lipidiques et la sensibilité à l’insuline. L’amélioration du VO2 de pointe était de 11,1 % avec l’entraînement modéré contre 2,83 % avec le HIIT dans l’analyse des participants ayant terminé ; cette différence n’était pas retrouvée dans l’analyse en intention de traiter. Cinq participants avaient quitté l’étude (11). La revue de Wewege, portant sur 13 études chez des adultes de 18 à 45 ans, trouve des améliorations modestes de la masse grasse et du tour de taille sans différence significative entre modalités. Le HIIT demandait environ 40 % de temps d’entraînement en moins dans les programmes étudiés. Ces moyennes ne garantissent pas une perte fixe de deux kilos ou de trois centimètres pour chaque personne (12).

La revue publiée par Campbell et collègues en 2019, fondée sur les travaux du comité consultatif américain des recommandations d’activité physique de 2018, conclut à un niveau de preuve modéré : le HIIT peut améliorer la sensibilité à l’insuline, la pression artérielle et la composition corporelle, avec des effets comparables à l’entraînement continu modéré. Elle ne permet pas de fixer une relation dose–effet précise pour tous ces critères (13).

Certaines synthèses, dont celle de Türk, rapportent des avantages du HIIT sur la condition cardiorespiratoire ou le pourcentage de masse grasse, sans avantage systématique sur l’IMC (14). L’ensemble invite à considérer le HIIT comme une option parmi d’autres, plutôt qu’à remplacer automatiquement toute endurance continue. La durée disponible, les préférences, la progression, les limitations et l’état de santé doivent guider le choix avec un professionnel compétent. Une meilleure adhésion à long terme ou une sécurité supérieure ne sont pas démontrées pour tous les publics.

 

Auteur

Javier S. Morales
Enseignant et chercheur — présentation de l’article original.

Site : www.fissac.com

Twitter : @javi_salud

 

 

Références :

  1. Organisation mondiale de la Santé. Obesity and overweight. Référence citée dans l’archive en 2020 : https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/obesity-and-overweight. Les chiffres 39 % et 13 % sont historiques ; les estimations mondiales ont depuis évolué.
  2. Verheggen RJHM, Maessen MFH, Green DJ, Hermus ARMM, Hopman MTE, Thijssen DHT. A systematic review and meta-analysis on the effects of exercise training versus hypocaloric diet: distinct effects on body weight and visceral adipose tissue. Obes Rev. 2016;17(8):664–90. 
  3. Milanović Z, Sporiš G, Weston M. Effectiveness of High-Intensity Interval Training (HIT) and Continuous Endurance Training for VO2max Improvements: A Systematic Review and Meta-Analysis of Controlled Trials. Sports Med. 2015;45(10):1469–81. 
  4. Ní Chéilleachair NJ, Harrison AJ, Warrington GD. HIIT enhances endurance performance and aerobic characteristics more than high-volume training in trained rowers. J Sports Sci. 2017;35(11):1052–8. 
  5. McKay BR, Paterson DH, Kowalchuk JM. Effect of short-term high-intensity interval training vs. continuous training on O2 uptake kinetics, muscle deoxygenation, and exercise performance. J Appl Physiol. 2009;107(1):128–38. 
  6. Ramírez-Vélez R, Hernández-Quiñones PA, Tordecilla-Sanders A, Álvarez C, Ramírez-Campillo R, Izquierdo M, et al. Effectiveness of HIIT compared to moderate continuous training in improving vascular parameters in inactive adults. Lipids Health Dis. 2019;18(1). 
  7. Ramos JS, Dalleck LC, Tjonna AE, Beetham KS, Coombes JS. The Impact of High-Intensity Interval Training Versus Moderate-Intensity Continuous Training on Vascular Function: a Systematic Review and Meta-Analysis. Sports Med. 2015;45(5):679–92. 
  8. Costa EC, Hay JL, Kehler DS, Boreskie KF, Arora RC, Umpierre D, et al. Effects of High-Intensity Interval Training Versus Moderate-Intensity Continuous Training On Blood Pressure in Adults with Pre- to Established Hypertension: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Trials. Sports Medicine. 2018;48(9):2127–42. 
  9. Weston KS, Wisløff U, Coombes JS. High-intensity interval training in patients with lifestyle-induced cardiometabolic disease: A systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2014;48(16):1227–34. 
  10. Maillard F, Pereira B, Boisseau N. Effect of High-Intensity Interval Training on Total, Abdominal and Visceral Fat Mass: A Meta-Analysis. Sports Med. 2018;48(2):269-288.
  11. Fisher G, Brown AW, Bohan Brown MM, Alcorn A, Noles C, Winwood L, et al. High intensity interval- vs moderate intensity- training for improving cardiometabolic health in overweight or obese males: A Randomized controlled trial. PLoS One. 2015;10(10). 
  12. Wewege M, van den Berg R, Ward RE, Keech A. The effects of high-intensity interval training vs. moderate-intensity continuous training on body composition in overweight and obese adults: a systematic review and meta-analysis. Obes Rev. 2017;18(6):635-646.
  13. Campbell WW, Kraus WE, Powell KE, Haskell WL, Janz KF, Jakicic JM, et al. High-Intensity Interval Training for Cardiometabolic Disease Prevention. Med Sci Sports Exerc. 2019;51(6):1220–6. 
  14. Türk Y, Theel W, Kasteleyn MJ, Franssen FME, Hiemstra PS, Rudolphus A, et al. High intensity training in obesity: a Meta-analysis. Obes Sci Pract. 2017;3(3):258-271. 

 

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