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Dépenses et apports énergétiques chez les cyclistes professionnels

Des stages de préparation aux courses par étapes : ce que les études révèlent sur les besoins énergétiques et les apports des cyclistes professionnels.

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Dépenses et apports énergétiques chez les cyclistes professionnels

Les courses cyclistes par étapes, comme le Tour de France ou la Vuelta, peuvent imposer des journées longues et exigeantes avec peu de temps pour récupérer. Les dépenses varient selon l’étape, le rôle du coureur, son gabarit et les conditions. Dans une étude publiée en 1989 auprès de cinq coureurs du Tour de France, la dépense moyenne estimée était d’environ 25,4 MJ par jour, soit 6 070 kcal, avec une valeur journalière moyenne maximale proche de 7 800 kcal. [1] Une autre étude, menée pendant une course de dix étapes en six jours, a mesuré une dépense moyenne de 27,4 MJ par jour, soit environ 6 550 kcal. [2] Ces chiffres décrivent des situations extrêmes et des échantillons particuliers, pas les besoins de chaque cycliste.

Dans ce contexte, la disponibilité d’aliments et de boissons adaptés aide à couvrir les besoins et à récupérer entre les étapes. Il ne s’agit pas seulement de calories : les glucides, les protéines et les lipides remplissent des fonctions différentes. Les glucides sont particulièrement importants pour soutenir les efforts intenses et reconstituer les réserves de glycogène ; les protéines participent à la réparation et à l’adaptation des tissus. Un apport élevé ne garantit toutefois pas une meilleure récupération si les besoins énergétiques globaux ne sont pas couverts. Que montrent les observations réalisées chez les professionnels ?

Une étude espagnole a examiné les apports de quinze hommes et vingt-trois femmes pratiquant le cyclisme sur route ou le VTT pendant la préparation de la saison. Les apports ont été évalués à l’aide d’un rappel alimentaire de soixante-douze heures, et les habitudes annuelles par questionnaire. [3] Les protéines dépassaient le repère de population générale utilisé par les auteurs, tandis que les glucides étaient inférieurs aux recommandations retenues dans tous les groupes. Les lipides dépassaient ces repères chez les femmes ; les résultats variaient selon les groupes et ne se résument pas à une répartition identique pour tous. Ces observations de préparation ne doivent pas être comparées directement aux dépenses d’une grande course. Les repères protéiques généraux d’environ 0,8 g/kg/jour ne constituent pas nécessairement un objectif adapté à l’entraînement : une revue destinée aux sportifs discutait des apports de 1,3 à 1,8 g/kg/jour selon le contexte. [4] Cela ne permet pas de diagnostiquer un déficit énergétique individuel à partir d’une moyenne de groupe.

Pendant les périodes de compétition, les quantités peuvent être bien plus élevées. Dans une équipe de neuf coureurs suivie pendant trois semaines de Vuelta, les glucides apportaient environ 65 % de l’énergie, les lipides 18 % et les protéines 17 %. Les apports protéiques moyens atteignaient 3,3 g/kg/jour. [5] Ces valeurs décrivent ce qui a été consommé ; elles ne prouvent pas que cette quantité de protéines soit nécessaire ou optimale. Au Tour d’Andalousie, une autre étude a relevé environ 5 644 kcal par jour, avec 62,3 % de glucides, 23,2 % de lipides et 14,5 % de protéines, soit environ 3 g/kg/jour de protéines. [6] Dans la course de dix étapes en six jours, les apports moyens de 27,3 MJ par jour, soit environ 6 525 kcal, étaient proches de la dépense mesurée. [2] La disponibilité des aliments au bon moment faisait partie du contexte étudié. Les quantités consommées pendant les étapes et entre celles-ci doivent être organisées selon la charge et la tolérance digestive.

Conclusions
Les besoins énergétiques peuvent être très élevés pendant les courses cyclistes par étapes. L’objectif est d’adapter les apports à la charge, à la récupération et à l’état de santé, en surveillant aussi les micronutriments et les éventuels signes d’une disponibilité énergétique insuffisante. Les glucides occupent une place importante pendant les périodes de forte charge, avec une stratégie répartie avant, pendant et après l’effort. Les apports protéiques élevés observés chez certains professionnels ne constituent pas une prescription pour tous les cyclistes. Les données de petites équipes, de saisons et d’épreuves différentes doivent être replacées dans leur contexte. Elles peuvent éclairer la planification, mais ne doivent pas être transposées directement à un sportif amateur.

Références
1 Saris WHM, Van Erp-Baart MA, Brouns F, et al. Study on food intake and energy expenditure during extreme sustained exercise: The Tour de France. Int J Sports Med 1989;10(Suppl 1):S26–S31. doi:10.1055/s-2007-1024951
2 Rehrer NJ, Hellemans IJ, Rolleston AK, et al. Energy intake and expenditure during a 6-day cycling stage race. Scand J Med Sci Sport 2010;20:609–18. doi:10.1111/j.1600-0838.2009.00974.x
3 Muros JJ, Sánchez-Muñoz C, Campos D, et al. Nutritional Habits of Professional Cyclists during Pre-Season. Nutrients 2022;14(18):3695. doi:10.3390/nu14183695
4 Phillips SM, van Loon LJC. Dietary protein for athletes: From requirements to optimum adaptation. J Sports Sci 2011;29(Suppl 1):S29–S38. doi:10.1080/02640414.2011.619204
5 Muros JJ, Sánchez-Muñoz C, Hoyos J, et al. Nutritional intake and body composition changes in a UCI World Tour cycling team during the Tour of Spain. Eur J Sport Sci 2019;19:86–94. doi:10.1080/17461391.2018.1497088
6 Sánchez-Muñoz C, Zabala M, Muros JJ. Nutritional intake and anthropometric changes of professional road cyclists during a 4-day competition. Scand J Med Sci Sports 2016;26:802–8. doi:10.1111/sms.12513

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