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La caféine améliore-t-elle la performance de la même façon chez tout le monde ?

La réponse à la caféine varie. Habitudes, génétique et répétition des tests : retour sur les résultats et les limites des études citées.

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maq

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La caféine améliore-t-elle la performance de la même façon chez tout le monde ?

Comme nous l’avons déjà évoqué, la caféine fait partie des compléments dont les effets
sur la performance ont été largement étudiés. Son action sur le système nerveux peut
notamment modifier l’activation musculaire et la perception de l’effort ; plusieurs mécanismes,
dont la modulation de la signalisation de l’adénosine, sont proposés. [1] Elle peut aussi
atténuer la perception de la douleur ou de la difficulté d’un exercice intense,
sans supprimer la fatigue ni ses causes. Les effets dépendent de l’épreuve et du critère mesuré :
les recherches citées rapportent de petits bénéfices moyens en endurance,
tandis que la méta-analyse du test de Wingate rapporte environ 3 % pour la puissance moyenne
et 4 % pour la puissance maximale. Ces chiffres ne s’appliquent pas à tous les tests de force. [2–4]

Une efficacité moyenne ne signifie pas que chaque personne bénéficie de la caféine
de façon identique, ni qu’aucune ne puisse subir d’effet défavorable.
La revue de Ganio et collaborateurs rapporte des variations importantes entre les études,
allant d’environ −0,3 % à 17,3 %. Il ne s’agit pas d’une plage de réponse individuelle mesurée dans un même essai. [5]

Plusieurs facteurs pourraient contribuer à la diversité des réponses à la caféine.
L’habitude de consommation en est un : on peut se demander si les personnes
qui en consomment régulièrement en retirent moins de bénéfices que celles
qui en consomment peu. Un essai chez 40 cyclistes entraînés a étudié une dose de 6 mg/kg,
dans des conditions expérimentales, et a trouvé une amélioration moyenne au contre-la-montre,
y compris dans le groupe à forte consommation habituelle, environ 351 mg/jour en moyenne. [6]

La réponse biologique au repos a également été étudiée. Dans un essai chez des footballeurs,
les participants ont été répartis en groupes à réponse élevée ou faible,
notamment selon les variations de pression artérielle et de plusieurs marqueurs sanguins,
dont l’adrénaline. Une faible réponse sur ces marqueurs ne définit pas à elle seule
l’absence d’effet sur la performance. Les joueurs ont suivi un protocole de match simulé
après 6 mg/kg de caféine ou un placebo ; les chercheurs ont évalué notamment
l’endurance et le saut. [7] Les deux groupes ont obtenu des améliorations moyennes,
sans différence significative entre eux sur les performances mesurées.
Ces résultats restent propres à cet échantillon et à ce protocole.

La génétique est un autre facteur susceptible d’influencer la réponse à la caféine.
Des variants du gène CYP1A2 sont souvent décrits en termes de métabolisme plus rapide
ou plus lent. Cette distinction ne permet toutefois pas, à elle seule, de prédire
tous les effets d’une dose chez une personne. L’étude citée sur le café et le risque

d’infarctus est une étude observationnelle ; elle ne teste pas une supplémentation sportive. [8]
Dans un essai chez 22 hommes entraînés, 3 mg/kg de caféine ont amélioré plusieurs critères
de force, de saut et de sprint, sans interaction significative avec le génotype CYP1A2. [9]
Le gène ADORA2A, qui code un récepteur de l’adénosine, a également été étudié.
Un essai chez 20 hommes porteurs de l’allèle C a observé des effets favorables
sur 21 des 25 variables analysées, soit 84 % des variables — et non 84 % des personnes —
après 3 mg/kg de caféine. Il ne permet pas d’affirmer que tout porteur répondra favorablement. [10]

Enfin, la réponse d’une même personne peut varier d’une séance à l’autre.
Une absence de bénéfice lors d’un test isolé ne suffit donc pas nécessairement
à établir un profil durable de « non-répondeur ». Cette question a été examinée
en répétant huit comparaisons caféine–placebo chez les mêmes participants,
avec une dose expérimentale de 3 mg/kg et des tests cyclistes.
Les auteurs rapportent des gains de 1 à 9 % selon les individus et les critères,
avec une amélioration chez chaque participant lors d’au moins trois des huit comparaisons. [11]
Ces observations montrent l’intérêt des mesures répétées dans cet échantillon,
sans démontrer que toute personne, dans toute situation, finira par bénéficier de la caféine.

Conclusion

La caféine peut améliorer certains aspects de la performance, mais ses effets
varient selon la personne, l’épreuve, la dose et les conditions de prise.
Les études présentées ne démontrent ni un bénéfice universel ni l’absence d’influence
de la génétique ou de la consommation habituelle. Les doses décrites sont celles des essais,
et non une consigne pour tous : les effets indésirables et la tolérance doivent aussi être pris en compte.

Références

1. Valenzuela PL, Morales JS, Emanuele E, Pareja-Galeano H, Lucia A. Supplements with
purported effects on muscle mass and strength. Eur J Nutr. 2019;58(8):2983–3008.
doi:10.1007/s00394-018-1882-z
2. Southward K, Rutherfurd-Markwick KJ, Ali A. The Effect of Acute Caffeine Ingestion
on Endurance Performance: A Systematic Review and Meta–Analysis. Sport Med.
2018;48(8):1913-1928. doi:10.1007/s40279-018-0939-8
3. Grgic J, Trexler ET, Lazinica B, Pedisic Z. Effects of caffeine intake on muscle strength
and power: a systematic review and meta-analysis. J Int Soc Sports Nutr. 2018;15:11.
doi:10.1186/s12970-018-0216-0

4. Grgic J. Caffeine ingestion enhances Wingate performance: a meta-analysis. Eur J Sport
Sci. 2018;18(2):219-225. doi:10.1080/17461391.2017.1394371
5. Ganio MS, Klau JF, Casa DJ, Armstrong LE, Maresh CM. Effect of caffeine on sport-
specific endurance performance: a systematic review. J Strength Cond Res.
2009;23(1):315-324. doi:10.1519/JSC.0b013e31818b979a
6. Gonçalves L de S, Painelli V de S, Yamaguchi G, et al. Dispelling the myth that habitual
caffeine consumption influences the performance response to acute caffeine
supplementation. J Appl Physiol. 2017;123(1):213-220.
doi:10.1152/japplphysiol.00260.2017
7. Apostolidis A, Mougios V, Smilios I, Rodosthenous J, Hadjicharalambous M. Caffeine
Supplementation: Ergogenic in Both High and Low Caffeine Responders. Int J Sports
Physiol Perform. 2019;14(5):650–657. doi:10.1123/ijspp.2018-0238
8. Cornelis M, El-Sohemy A, Kabagambe E, Campos H. Coffee, CYP1A2 Genotype, and
Risk of Myocardial Infarction. JAMA. 2006;295(10):1135–1141.
doi:10.1001/jama.295.10.1135
9. Grgic J, Pickering C, Bishop DJ, Schoenfeld BJ, Mikulic P, Pedisic Z. CYP1A2
genotype and acute effects of caffeine on resistance exercise, jumping, and sprinting
performance. J Int Soc Sports Nutr. 2020;17:21. doi:10.1186/s12970-020-00349-6
10. Grgic J, Pickering C, Bishop DJ, et al. ADOR2A C Allele carriers exhibit ergogenic
responses to caffeine supplementation. Nutrients. 2020;12(3):741.
doi:10.3390/nu12030741
11. Del Coso J, Lara B, Ruiz-Moreno C, Salinero JJ. Challenging the myth of non-response
to the ergogenic effects of caffeine ingestion on exercise performance. Nutrients.
2019;11(4):732. doi:10.3390/nu11040732

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