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Écrans, sommeil et santé des enfants : les études citées

Que montrent les études citées sur les écrans, la sédentarité et le sommeil des enfants ? Des données historiques à lire en distinguant association et causalité.

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maq

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Écrans, sommeil et santé des enfants : les études citées

Le surpoids et l’obésité chez les enfants constituent un enjeu de santé publique. L’analyse de Ng et al. (2014) citée ici porte sur la période 1980–2013 : dans les pays développés, elle estimait en 2013 une prévalence combinée du surpoids et de l’obésité de 23,8 % chez les garçons et de 22,6 % chez les filles. Ces chiffres historiques ne décrivent ni l’obésité seule ni la situation actuelle. Un excès de poids pendant l’enfance peut être associé à des risques de santé ultérieurs, mais ne détermine pas à lui seul le devenir d’un enfant ; le contexte biologique, familial, social et environnemental compte également.

Les causes du surpoids et de l’obésité sont multiples. L’alimentation, l’activité physique, le sommeil et l’environnement peuvent y contribuer. Les usages numériques, notamment sur tablette ou smartphone, occupent une place dans la vie des jeunes, mais le temps d’écran ne désigne pas uniquement les appareils mobiles et ne correspond pas toujours à une activité assise. L’étude ANIBES a examiné les comportements sédentaires de 424 enfants et adolescents espagnols de 9 à 17 ans, dans le cadre d’un travail coordonné par la Fondation espagnole de la nutrition (http://www.fen.org.es/). Elle rapporte que 49,3 % des participants en semaine et 84 % le week-end ne respectaient pas le repère de moins de deux heures quotidiennes de temps d’écran utilisé dans cette étude (3). Les mesures incluaient la télévision, l’ordinateur, les jeux sur console et internet hors travail scolaire ; elles ne concernent donc pas exclusivement les smartphones.

La revue systématique de van Ekris et al. (2016) a examiné les relations prospectives entre comportements sédentaires et indicateurs de santé (4). Elle relève des éléments modérés à solides pour certaines mesures anthropométriques, le cholestérol HDL et la condition physique, mais juge globalement les données prospectives peu convaincantes. Dans les méta-analyses, une heure supplémentaire de télévision ou d’ordinateur au départ n’était pas significativement associée à l’IMC lors du suivi. Il serait donc excessif d’en conclure que les écrans mobiles causent une augmentation de l’IMC ou que l’ordinateur n’a aucun lien avec la santé.

Une autre méta-analyse, portant sur 14 études transversales et plus de 106 000 enfants, a observé une association entre le temps passé devant la télévision et l’obésité (5). L’odds ratio augmentait d’environ 13 % par heure quotidienne supplémentaire de télévision. Il s’agit d’une variation relative des chances statistiques d’obésité, et non de 13 points de pourcentage supplémentaires ni de la preuve d’un lien de cause à effet. Ce résultat concerne la télévision et ne peut pas être appliqué indistinctement à tous les écrans.

Le temps d’écran peut aussi interagir avec l’activité physique et le sommeil, selon le moment, la durée, le contenu et le contexte d’utilisation. Le sommeil contribue à la santé et au développement des enfants. Les appareils comme les smartphones ou les tablettes peuvent notamment être utilisés à l’heure du coucher. Les données PASOS de la Gasol Foundation (https://www.gasolfoundation.org/es/estudio-pasos/) indiquaient en 2019 que 40,9 % des enfants et adolescents espagnols de 8 à 16 ans étudiés ne respectaient pas les durées de sommeil recommandées en semaine, et 48,1 % le week-end. Ces proportions ne prouvent pas que les écrans en soient la cause. Une revue systématique de Hale et Guan (2015) a examiné les liens entre temps d’écran — télévision, ordinateurs, téléphones ou tablettes — et sommeil chez les enfants et adolescents d’âge scolaire (6). Parmi les 67 études recensées, 90 % rapportaient une association défavorable, principalement avec une durée de sommeil plus courte ou un coucher plus tardif. Les auteurs soulignent toutefois que la causalité n’est pas établie et que les résultats varient selon les usages et les mesures. Les écarts précis en minutes cités dans l’article d’origine ne doivent pas être considérés comme une perte de sommeil prévisible pour chaque enfant.

Ces résultats invitent à accorder une place suffisante à l’activité physique, au sommeil et aux autres activités de l’enfant, sans réduire sa santé à son poids ou à un seul comportement. Les usages numériques sur ordinateur, tablette ou smartphone méritent d’être examinés selon leur contenu et leur contexte, notamment lorsqu’ils empiètent sur le repos. Un temps d’écran peut remplacer une occasion de bouger, d’échanger ou d’apprendre autrement, mais tout usage numérique n’empêche pas nécessairement le développement moteur, social ou cognitif. Les associations observées appellent une lecture nuancée, sans conclure à un dommage inévitable pour chaque enfant.

RÉFÉRENCES :

  1. Ng M, Fleming T, Robinson M, Thomson B, Graetz N, Margono C, et al. (2014). Global, regional, and national prevalence of overweight and obesity in children and adults during 1980–2013: a systematic analysis for the global burden of disease study 2013. Lancet, 384,766–781.
  2. Organisation mondiale de la Santé (2018). Sobrepeso y obesidad infantiles [Surpoids et obésité chez les enfants]. Référence de l’article d’origine, consultée le 12 février 2020 : https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood/es/
  3. Mielgo-Ayuso J, Aparicio-Ugarriza R, Castillo A, Ruiz E, Avila JM, Aranceta-Bartrina J, et al. (2017). Sedentary behavior among Spanish children and adolescents: findings from the ANIBES study. BMC Public Health, 17, 94.
  4. van Ekris E, Altenburg TM, Singh AS, Proper KI, Heymans MW, & Chinapaw MJ. (2016). An evidence‐update on the prospective relationship between childhood sedentary behaviour and biomedical health indicators: a systematic review and meta‐analysis. Obesity reviews, 17, 833-849.
  5. Zhang G, Wu L, Zhou L, Lu W, & Mao C. (2016). Television watching and risk of childhood obesity: a meta-analysis. The European Journal of Public Health, 26, 13-18.
  6. Hale L, & Guan S. (2015). Screen time and sleep among school-aged children and adolescents: a systematic literature review. Sleep Medicine Reviews, 21, 50-58.

 

AUTEUR

Javier S. Morales
Présentation de l’auteur dans l’article d’origine : enseignant et chercheur en oncologie pédiatrique et exercice physique.
Site : www.fissac.com

 

 

 

 

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