Lors d’un exercice de haute intensité, l’équilibre acido-basique intramusculaire peut se modifier. L’augmentation des ions hydrogène (H+) et la baisse du pH font partie des facteurs susceptibles de contribuer à la fatigue ; elles n’expliquent pas à elles seules toute limitation de la performance. L’organisme dispose de systèmes tampons, notamment le bicarbonate et la carnosine musculaire, qui contribuent à limiter ces variations.
La supplémentation en bêta-alanine peut augmenter la carnosine intramusculaire. Dans l’étude de Stegen et ses collègues (2014), 34 participants ont reçu 3,2 g/jour pendant 46 jours. Dix-neuf ont ensuite poursuivi une phase de maintien de six semaines, avec différentes doses. Environ 1,2 g/jour était la dose la plus efficace parmi celles comparées pour maintenir les concentrations à quelque 30 à 50 % au-dessus du niveau initial. Ce résultat décrit un protocole et un marqueur musculaire ; il ne garantit pas le même bénéfice de performance pour chaque personne.
Une méta-analyse de Saunders et ses collègues, publiée en volume en 2017 dans le British Journal of Sports Medicine, a réuni 40 études et 1 461 participants. Elle observait un effet global faible, dont l’importance dépendait notamment de la durée et du type d’épreuve. Pour les efforts de 0,5 à 10 minutes, les résultats étaient plus favorables aux tests de capacité d’effort qu’aux tests de performance. La méta-analyse antérieure de Hobson et ses collègues (2012) rapportait une amélioration médiane de 2,85 % des mesures étudiées, avec une grande variabilité : ce n’est ni une moyenne universelle ni une promesse de gagner 3 % en compétition.
Dans un petit essai de Santana et ses collègues (2018), 16 hommes ont suivi un entraînement de course et reçu pendant 23 jours soit 5 g/jour de bêta-alanine, soit un placebo. Les auteurs rapportaient une amélioration du temps sur 10 km, mais les chiffres résumés dans l’article présentent des incohérences entre temps avant/après et variation annoncée ; il serait donc imprudent d’en promettre un nombre précis de minutes gagnées. Van Thienen et ses collègues (2009) ont, pour leur part, étudié 17 cyclistes pendant huit semaines, avec 2 à 4 g/jour ou un placebo. Après 110 minutes de course simulée — et non 110 km —, la puissance moyenne sur le contre-la-montre de 10 minutes était comparable, autour de 300 W. Au sprint final de 30 secondes, les gains de puissance de pointe et de puissance moyenne rapportés avec la bêta-alanine étaient respectivement de 11,4 % et 5,0 % par rapport au placebo.
Ces travaux soutiennent la capacité de la bêta-alanine à augmenter la carnosine musculaire et suggèrent un intérêt pour certains efforts intenses. Ils distinguent toutefois la capacité à prolonger un effort de la performance dans une épreuve donnée. Les résultats d’un sprint final ou d’un petit essai ne s’appliquent pas automatiquement à l’ensemble d’une compétition d’endurance, et les doses étudiées ne constituent pas une prescription identique pour tous.
Références
- Hobson RM, Saunders B, Ball G, et al (2012) Effects of β-alanine supplementation on exercise performance: A meta-analysis. Amino Acids 43:25–37. doi: 10.1007/s00726-011-1200-z
- Santana JO, de Freitas MC, dos Santos DM, et al (2018) Beta-Alanine Supplementation Improved 10-km Running Time Trial in Physically Active Adults. Front Physiol 9:1–6. doi: 10.3389/fphys.2018.01105
- Saunders B, Elliott-Sale K, Artioli GG, et al (2017) β-Alanine supplementation to improve exercise capacity and performance: A systematic review and meta-Analysis. Br J Sports Med 51:658–669. doi: 10.1136/bjsports-2016-096396
- Stegen S, Bex T, Vervaet C, et al (2014) β-Alanine dose for maintaining moderately elevated muscle carnosine levels. Med Sci Sports Exerc 46:1426–1432. doi: 10.1249/MSS.0000000000000248
- Van Thienen R, Van Proeyen K, Eynde B Vanden, et al (2009) β-Alanine improves sprint performance in endurance cycling. Med Sci Sports Exerc 41:898–903. doi: 10.1249/MSS.0b013e31818db708
AUTEUR
Pedro Valenzuela
Présentation de l’auteur dans l’article d’origine : chercheur à l’unité de physiologie de l’Université d’Alcalá et à l’unité de contrôle de la performance du Centre de médecine du sport (AEPSAD, CAR de Madrid).
Site web : www.fissac.com
