Parmi les compléments utilisés dans le football, celui dont les effets sur certains efforts intenses sont bien étudiés est la créatine.
La créatine est un composé organique azoté que l’organisme synthétise notamment dans le foie et les reins à partir d’acides aminés, dont l’arginine et la glycine.
La majeure partie des réserves corporelles se trouve dans les muscles squelettiques. La viande et le poisson en sont des sources alimentaires.
Environ deux tiers de la créatine intramusculaire sont présents sous forme de phosphocréatine (PCr), qui participe à la fourniture d’énergie lors d’efforts très intenses et brefs.
Le football alterne des efforts d’intensités variées. Lors d’une accélération vers le ballon ou d’un saut, la PCr contribue à régénérer l’ATP, utilisé pour la contraction musculaire. Ce mécanisme explique l’intérêt de la créatine pour certains efforts explosifs répétés.
L’étude citée (1) a observé une amélioration du travail réalisé lors de deux efforts de 30 secondes sur ergocycle, chez 9 hommes. Ce résultat de laboratoire ne démontre pas à lui seul une amélioration des sprints en match.
La capacité à répéter des actions rapides compte dans le football, mais on ne peut pas en déduire que prendre de la créatine permet de marquer davantage de buts en fin de rencontre.
La créatine est également étudiée dans les sports de force et de puissance. La méta-analyse citée (2) rapporte des effets sur la masse maigre et certaines performances, avec des résultats variables selon les tests. Une augmentation de masse maigre ne correspond pas exclusivement à un gain de muscle, et ne garantit pas un bénéfice pour chaque footballeur.
PROTOCOLES ÉTUDIÉS
L’article d’origine présente une phase de charge de 20 g par jour pendant 5 jours, puis un entretien de 3 à 5 g par jour. L’étude citée (3) a utilisé 20 g par jour pendant 6 jours, puis 2 g par jour en entretien. Ces protocoles de recherche chez l’adulte ne constituent pas une prescription individuelle.
Une phase de charge n’est pas indispensable : dans cette même étude, 3 g par jour pendant 28 jours ont augmenté progressivement les réserves musculaires. Il ne s’agit donc pas d’obtenir immédiatement le même résultat, ni d’un protocole obligatoire propre au football.
Après l’arrêt, les réserves reviennent progressivement vers leur niveau initial. L’étude (3) l’a observé après environ 30 jours ; le délai ne doit pas être présenté comme identique pour tout le monde.
PRISE ET MOMENT DE CONSOMMATION
L’étude citée (4) examine l’accumulation de créatine et de glycogène dans un contexte précis d’exercice et d’apport glucidique. Elle ne démontre pas que tous les sportifs doivent prendre de la créatine avec du sucre ou immédiatement après l’effort. Les apports glucidiques destinés à la récupération se déterminent selon les besoins et la charge d’entraînement.
RÉPONSE INDIVIDUELLE
La réponse varie notamment selon les réserves musculaires initiales. Des réserves déjà élevées peuvent limiter leur augmentation. Les personnes qui ne consomment pas de produits animaux peuvent avoir des réserves plus faibles ; cela ne permet toutefois pas de prédire automatiquement leur gain de performance.
L’étude (1) a aussi examiné les réserves de PCr des fibres de type II et leur relation avec le travail réalisé. Cette observation ne permet pas de garantir une meilleure réponse en match à partir du seul type de fibres musculaires.
TENIR COMPTE DU POIDS
La prise de créatine peut s’accompagner d’une augmentation du poids liée notamment à l’eau intramusculaire, surtout au début. Ce changement n’est pas nécessairement une prise de graisse, mais il peut compter pour le confort et les exigences sportives du joueur.
La créatine peut donc présenter un intérêt dans certaines situations du football (5). Son utilisation et son calendrier doivent être individualisés avec l’encadrement compétent, sans en faire une obligation à chaque période de la saison ni un substitut à l’alimentation et à l’entraînement.
RÉFÉRENCES
- Casey, A., D.Constantin-Teodosiu, S.Howell, E.Hultman and P.L.Greenhaff (1996). Creatine ingestion favorably affects performance and muscle metabolism during maximal exercise in humans. American Journal of Physiology, 271: E31-E37.
- Branch, J.D. (2003). Effect of creatine supplementation on body composition and performance: a meta-analysis. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 13: 198-226.
- Hultman, E., K.Soderlund, J.A.Timmons, G.Cederblad and P.L.Greenhaff (1996). Muscle creatine loading in men. Journal of Applied Physiology, 81: 232-237.
- Robinson, T.M., D.A.Sewell, E.Hultman and P.L.Greenhaff (1999). Role of submaximal exercise in promoting creatine and glycogen accumulation in human skeletal muscle. Journal of Applied Physiology, 87:598-604.
- Morton, J.P. (2014). Supplements for Consideration in Football. Sport Science Exchange 27 (130): 1-8
AUTEUR — PARCOURS PRÉSENTÉ DANS L’ARTICLE D’ORIGINE :
Fernando García Oliveri
Diététicien-nutritionniste du sport au Real Valladolid Club de Fútbol S.A.D., selon la présentation de l’époque.
Diplôme de nutrition humaine et diététique à la faculté de médecine de
l’Université de Valladolid, obtenu au cours de la période 2007–2010.
Stage à l’hôpital universitaire Río Hortega de
Valladolid.
Master en entraînement et nutrition sportive à l’Escuela de Estudios
Universitarios Real Madrid de l’Université européenne de Madrid, en 2010–2011.
Stage auprès de l’équipe première du Real Valladolid Club de Fútbol
S.A.D. pendant la présaison 2011, pour une durée de 200 heures.
Mémoire de master : « Comparaison des apports en nutriments dans un
groupe de footballeurs de haut niveau au début et à la fin de la
présaison » ; note : 8/10.
Formation complémentaire pour l’obtention du grade en
nutrition humaine et diététique à la faculté de médecine de l’Université de
Valladolid, en 2011–2012.
Dans cette présentation historique, l’auteur expliquait avoir combiné ses études et une consultation privée comme
diététicien-nutritionniste du sport auprès de sportifs de haut niveau, professionnels et
amateurs dans les sports d’endurance, notamment le duathlon, le triathlon, le marathon,
le trail, le VTT et le cyclisme sur route, ainsi que le CrossFit et le fitness, et auprès de la
population générale. Les résultats satisfaisants évoqués relevaient de son témoignage.
Il indiquait également que, durant son stage au sein de l’équipe première du Real Valladolid Club de Fútbol S.A.D.,
il avait participé au suivi diététique et nutritionnel de l’alimentation des
joueurs, en tenant compte de leurs besoins physiologiques et sportifs, ainsi que de leurs
préférences et de leur contexte personnel, socioéconomique, religieux et culturel.
Il avait aussi participé à la planification des menus et à l’évaluation de l’équilibre
nutritionnel de l’offre alimentaire.
Sa biographie de l’époque mentionnait un poste de diététicien-nutritionniste du sport commencé en septembre 2013 au Real
Valladolid Club de Fútbol S.A.D., avec des missions de conseil diététique et nutritionnel,
de préparation des menus, de stratégies de supplémentation et de plans alimentaires
personnalisés, ainsi qu’un suivi de la composition corporelle des joueurs
par des mesures kinanthropométriques. Elle mentionnait 3 ans
en première division du championnat professionnel espagnol de football et 3 ans en deuxième
division. Ces indications décrivent le parcours publié à l’époque et ne confirment pas sa fonction actuelle.
