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Quels sont les effets de l’exercice sur le système immunitaire ?

Activité régulière, réponse vaccinale et efforts intenses : comprendre les résultats des études citées et les limites de la notion de « fenêtre ouverte ».

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miguel angel quiroga folguera

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Quels sont les effets de l’exercice sur le système immunitaire ?

Le système immunitaire contribue à protéger l’organisme. La pandémie de COVID-19, qui formait le contexte de l’article d’origine, a rappelé l’importance de l’âge, de certaines pathologies et de l’état immunitaire dans le risque de forme grave. La nutrition et l’activité physique peuvent aussi influencer la fonction immunitaire. Les études présentées ici portent toutefois sur des réponses immunitaires précises ; elles ne démontrent pas que l’exercice empêche une infection par le coronavirus.

 

Activité régulière et fonction immunitaire

Pratiquer régulièrement une activité physique adaptée est associé à de nombreux bénéfices pour la santé. La fonction immunitaire fait également l’objet de recherches, avec des résultats qui dépendent des cellules, des marqueurs et des populations étudiés.1 Des comparaisons entre sportifs et témoins non entraînés ont notamment trouvé une activité cytotoxique plus élevée des cellules tueuses naturelles, ou cellules NK. Ces cellules participent à l’élimination de certaines cellules infectées ou anormales. Ces observations ne suffisent pas à attribuer toutes les différences à l’exercice ni à conclure à une protection générale contre les infections : chez des rameuses, les jours de symptômes respiratoires ne différaient pas significativement entre les groupes.2,3 Une petite étude préliminaire a également suivi huit personnes auparavant non entraînées, après quatre semaines d’exercice continu modéré puis quatre semaines d’intervalles intenses. L’activité cytotoxique des cellules NK augmentait dans ce protocole. Ce résultat ne signifie pas que le nombre de cellules NK augmente systématiquement, ni qu’une réduction des infections a été démontrée.4

L’immunité adaptative comprend notamment les anticorps et les lymphocytes T. Dans une étude sur la vaccination contre la grippe, 45 sportifs de haut niveau ont présenté une augmentation plus marquée de certaines réponses cellulaires et des anticorps que 25 témoins ; les deux groupes répondaient néanmoins à la vaccination. Cette comparaison n’établit pas à elle seule un effet causal de l’entraînement et ne porte pas sur la vaccination contre la COVID-19.5 Chez des femmes âgées, une activité quotidienne plus élevée était associée à certaines réponses vaccinales plus favorables. Dans un autre essai, un programme d’exercice cardiovasculaire de dix mois a prolongé la séroprotection contre la grippe à 24 semaines, sans augmenter la réponse maximale en anticorps à trois ou six semaines ni réduire significativement l’incidence déclarée des infections respiratoires. Ces résultats ne définissent pas un objectif universel de 18 000 pas ou une fréquence d’entraînement valable pour tous.6,7

 

Effort ponctuel et « fenêtre ouverte »

Les effets d’un effort très intense ou prolongé restent discutés. Après une séance, le nombre de certains lymphocytes dans le sang diminue temporairement. Cette observation a été interprétée comme une « fenêtre ouverte » d’immunosuppression et de sensibilité accrue aux infections. Une autre interprétation souligne la redistribution des cellules depuis le sang vers d’autres tissus : une baisse sanguine ne prouve donc pas, à elle seule, que les défenses de l’organisme sont affaiblies. Les revues citées discutent ces mécanismes et la qualité des données ; elles n’établissent pas que tout effort épuisant serait dépourvu de risque dans toutes les circonstances.8,9

Les infections et les symptômes respiratoires chez les sportifs méritent une attention particulière. La revue clinique citée décrit différentes maladies infectieuses et leur prise en charge ; elle ne suffit pas à démontrer une fréquence systématiquement supérieure à celle de la population générale ni un lien causal avec la charge d’entraînement.10 Il faut aussi distinguer symptômes et infection confirmée. Les déplacements, les contacts rapprochés, la nutrition, le sommeil et le stress peuvent intervenir, en plus des caractéristiques de l’entraînement. Le rôle propre de chaque facteur reste difficile à isoler.9

 

Conclusions

L’activité physique régulière adaptée s’inscrit dans une démarche favorable à la santé. Certaines études montrent des différences de fonction cellulaire ou de réponse vaccinale, sans qu’on puisse les convertir en promesse de protection contre les infections. La signification des changements observés après un effort épuisant demeure discutée. Ces travaux historiques ne remplacent ni les mesures de prévention adaptées ni les recommandations médicales propres à la situation de chacun.

AUTEUR

Pedro Valenzuela
Affiliation indiquée dans l’article d’origine : chercheur à l’unité de physiologie de l’Université d’Alcalá et à l’unité de contrôle de la performance du Centre de médecine du sport (AEPSAD, CAR de Madrid).
Site : www.fissac.com

 

 

 

 

 

Références

  1. Walsh NP, Gleeson M, Shephard RJ, et al. Position statement. Part one: Immune function and exercise. Exerc Immunol Rev. 2011;17:6-63.
  2. Nieman DC, Buckley KS, Henson DA, et al. Immune function in marathon runners versus sedentary controls. Med Sci Sports Exerc. 1995;27(7):986-992.
  3. Nieman DC, Nehlsen-Cannarella SL, Fagoaga OR, et al. Immune function in female elite rowers and non-athletes. Br J Sports Med. 2000;34(3):181-187.
  4. Llavero F, Alejo LB, Fiuza-Luces C, et al. Exercise training effects on natural killer cells: a preliminary proteomics and systems biology approach. Exerc Immunol Rev. 2021;27:125–141.
  5. Ledo A, Schub D, Ziller C, et al. Elite athletes on regular training show more pronounced induction of vaccine-specific T-cells and antibodies after tetravalent influenza vaccination than controls. Brain Behav Immun. 2020;83:135-145.
  6. Wong GCL, Narang V, Lu Y, et al. Hallmarks of improved immunological responses in the vaccination of more physically active elderly females. Exerc Immunol Rev. 2019;25:20–33.
  7. Woods JA, Keylock KT, Lowder T, et al. Cardiovascular exercise training extends influenza vaccine seroprotection in sedentary older adults: The immune function intervention trial. J Am Geriatr Soc. 2009;57(12):2183-2191.
  8. Campbell JP, Turner JE. Debunking the Myth of Exercise-Induced Immune Suppression: Redefining the Impact of Exercise on Immunological Health Across the Lifespan. Front Immunol. 2018;9:648.
  9. Simpson RJ, Campbell JP, Gleeson M, et al. Can exercise affect immune function to increase susceptibility to infection? Exerc Immunol Rev. 2020;26:8-22.
  10. Harris MD. Infectious disease in athletes. Curr Sports Med Rep. 2011;10(2):84–89. doi:10.1249/JSR.0b013e3182142381.

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