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Acclimatation et refroidissement : faire face à la chaleur et à l’humidité

S’adapter à la chaleur, utiliser des moyens de refroidissement et organiser son hydratation : des stratégies à ajuster à l’effort, au climat et à la tolérance individuelle.

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Acclimatation et refroidissement : faire face à la chaleur et à l’humidité

Une température élevée et une forte humidité peuvent affecter directement et indirectement la performance physique 1,2. L’effort dans ces conditions peut aussi favoriser des troubles gastro-intestinaux3, une déshydratation 4,5 et une contrainte thermique accrue 4,5. L’hyponatrémie associée à l’exercice constitue un risque distinct, notamment lorsque les apports de liquide dépassent les pertes et les capacités d’élimination : la chaleur ou la perte de sel ne suffisent pas, à elles seules, à l’expliquer.
De nombreuses compétitions ont lieu en été. La saison est associée à des variations de la concentration de sodium dans la sueur, mais elle ne détermine pas à elle seule les besoins en sodium. Une étude rétrospective a notamment observé des concentrations plus faibles pendant la saison chaude ; les pertes totales dépendent aussi du volume de sueur6. Une humidité élevée limite l’évaporation de la sueur et peut accentuer la difficulté de l’effort, en particulier chez les sportifs peu habitués à ces conditions. L’acclimatation et différentes stratégies de refroidissement peuvent aider à réduire la contrainte thermique, sans garantir l’absence de déshydratation ou de problème de santé.

Stratégies d’acclimatation

Une préparation progressive aux conditions attendues lors de la compétition peut améliorer la tolérance à la chaleur. S’entraîner dans un environnement comparable fait partie des approches étudiées, avec une durée et une charge adaptées à l’individu et un suivi de la réponse5. Cette préparation n’est cependant pas toujours possible, et il n’existe pas de protocole universel à appliquer sans tenir compte de la santé et de la récupération.
Des séances dans un environnement contrôlé, avec une charge modérée et un réglage de la température et de l’humidité, constituent une autre possibilité. L’objectif est de provoquer une adaptation maîtrisée, sans rechercher une élévation excessive de la température corporelle5. Un encadrement compétent et une surveillance des symptômes sont nécessaires.
Les sportifs qui s’entraînent surtout en salle doivent aussi anticiper les différences avec une épreuve en extérieur, notamment le rayonnement solaire. Une préparation représentative peut être utile, tout en limitant l’exposition et en adaptant les horaires, les vêtements et la protection solaire5. Il ne s’agit pas de s’exposer volontairement à une chaleur dangereuse.
Des expositions passives à la chaleur, comme des bains chauds ou le sauna, ont également été étudiées, au repos ou après une séance réalisée dans un environnement plus frais. Elles ajoutent une contrainte à celle de l’entraînement et ne conviennent pas à toutes les situations5. Leur utilisation doit être individualisée et encadrée, plutôt qu’ajoutée systématiquement après un effort fatigant.

Refroidissement externe et interne

Les protocoles d’adaptation à la chaleur demandent une surveillance pour limiter les risques. Des moyens de refroidissement avant ou pendant l’exercice peuvent aussi améliorer certaines performances en ambiance chaude (7, 8). Leurs effets dépendent de la technique et de l’effort : refroidir le corps et améliorer la sensation de fraîcheur ne sont pas nécessairement équivalents5. Les résultats favorables en endurance ne s’étendent pas automatiquement au sprint.

Les techniques de refroidissement externe comprennent les serviettes ou les gilets réfrigérés, l’immersion dans l’eau froide et la ventilation, notamment lors de l’échauffement. Leurs effets dépendent des conditions. Les produits contenant du menthol peuvent donner une sensation de fraîcheur sans faire baisser la température centrale ou cutanée ; ils ne constituent donc pas une protection contre l’hyperthermie5. Un refroidissement préalable trop marqué peut également nuire à certaines performances de sprint.

Les techniques de refroidissement interne comprennent l’ingestion de boissons fraîches ou de glace pilée sous forme de granité. Elles peuvent réduire temporairement la contrainte thermique ou améliorer le confort dans certains contextes, mais leur efficacité varie selon les quantités, le moment de prise, les conditions et la tolérance digestive5. Elles ne préviennent pas à elles seules la déshydratation ni l’hyperthermie, et ne justifient pas de boire au-delà des besoins.

Par temps chaud et humide, il est utile de planifier les apports de liquide et, selon les pertes et la durée de l’effort, les apports d’électrolytes. La composition de la boisson, sa concentration en glucides et sa température doivent être testées à l’entraînement. Servir une boisson fraîche ou sous forme de granité peut être pratique, mais ne rend pas toute boisson adaptée à tous les efforts. Une glacière ou un récipient isotherme aide à conserver la température souhaitée. Le volume ingéré reste à ajuster aux besoins et à la tolérance, en évitant de boire excessivement.

Conclusions

La chaleur et l’humidité peuvent réduire la capacité d’exercice et augmenter les risques pour la santé. Une acclimatation progressive, lorsqu’elle est possible, et des moyens de refroidissement adaptés peuvent atténuer certaines contraintes. Les boissons fraîches ou les granités constituent des options pratiques, à tester individuellement ; ils ne remplacent ni l’adaptation de l’effort aux conditions, ni une hydratation appropriée, ni la prise en compte des signes d’alerte.

Références

1. Sawka, M. N. et al. Human tolerance to heat strain during exercise: influence of hydration. J Appl Physiol 73 (1), 368-75 (1992).
2. Maughan, R. J., Otani, H. & Watson, P. Influence of relative humidity on prolonged exercise capacity in a warm environment. Eur J Appl Physiol 112, 2313–2321 (2012).
3. Costa, R. J. S., Gaskell, S. K., McCubbin, A. J. & Snipe, R. M. J. Exertional-heat stress-associated gastrointestinal perturbations during Olympic sports: Management strategies for athletes preparing and competing in the 2020 Tokyo Olympic Games. Temperature vol. 7 58–88 (2020).
4. Trangmar, S. J. & González-Alonso, J. Heat, Hydration and the Human Brain, Heart and Skeletal Muscles. Sports Medicine vol. 49 69–85 (2019).
5. Périard, J. D., Eijsvogels, T. M. H. & Daanen, H. A. M. Exercise under heat stress: Thermoregulation, hydration, performance implications, and mitigation strategies. Physiological Reviews vol. 101 1873–1979 (2021).
6. Baker, L. B. et al. Explaining variation in sweat sodium concentration: effect of individual characteristics and exercise, environmental, and dietary factors. J Appl Physiol 133, 1250–1259 (2022).
7. Tyler, C. J., Sunderland, C. & Cheung, S. S. The effect of cooling prior to and during Exercise on Exercise performance and capacity in the heat: A meta-analysis. British Journal of Sports Medicine vol. 49 7–13 (2015).
8. Bongers, C. C. W. G., Thijssen, D. H. J., Veltmeijer, M. T. W., Hopman, M. T. E. & Eijsvogels, T. M. H. Precooling and percooling (cooling during exercise) both improve performance in the heat: A meta-analytical review. British Journal of Sports Medicine vol. 49 377–384 (2015).

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