L’énergie permet à l’organisme de réaliser toutes ses activités, au repos comme pendant l’exercice. Chez les sportifs, elle joue un rôle crucial pour la santé et la performance. Pourtant, les apports énergétiques ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins de l’entraînement et de la compétition.
La disponibilité énergétique correspond à l’énergie alimentaire qui reste à disposition des fonctions de l’organisme une fois déduite l’énergie dépensée pendant l’exercice [1]. Une faible disponibilité énergétique — low energy availability, ou LEA en anglais — apparaît lorsque l’énergie restante est insuffisante pour soutenir ces fonctions. Ses effets dépendent notamment de l’importance, de la durée et de la fréquence du déficit, ainsi que de facteurs individuels. Certaines situations peuvent être transitoires et adaptables ; d’autres deviennent problématiques pour la santé et la performance.
Une exposition problématique à une faible disponibilité énergétique peut entraîner un syndrome d’altération du fonctionnement physiologique et psychologique : le déficit énergétique relatif dans le sport, appelé REDs [1,2].
Quels effets sur la santé ?
Lorsque l’énergie disponible est insuffisante, l’organisme peut modifier ou ralentir certaines fonctions. Les conséquences varient selon les personnes et les circonstances : tous les sportifs ne présentent pas les mêmes signes ni la même gravité.
Les effets possibles concernent notamment la fonction reproductive — troubles ou absence de règles chez les femmes, diminution de la testostérone et de la libido chez les hommes —, la santé osseuse, avec un risque de fragilisation et de fractures, la fonction hématologique, la fonction musculaire, ainsi que la croissance et le développement des enfants et adolescents. Des perturbations de l’immunité, des troubles digestifs, des difficultés de concentration ou des problèmes psychologiques et émotionnels peuvent également être présents [1,2]. Ces manifestations possibles ne constituent pas à elles seules un diagnostic.
Quels effets sur la performance ?
Les conséquences peuvent être directes, lorsque l’énergie manque pour soutenir l’effort, ou indirectes, par les effets sur la santé. Un organisme dont les besoins ne sont pas couverts dispose de moins de ressources pour s’adapter à l’entraînement et récupérer.
Cela peut se traduire par une réponse réduite à l’entraînement, une récupération moins bonne, des difficultés de concentration, une baisse de motivation et une altération de certaines capacités cognitives ou techniques [1,2]. La force musculaire, la puissance et l’endurance peuvent aussi diminuer. L’expression de ces effets varie d’un sportif à l’autre.
Quelles stratégies nutritionnelles pour augmenter les apports énergétiques ?
Les causes d’une faible disponibilité énergétique sont multiples. Il peut notamment être difficile de consommer suffisamment d’énergie pour couvrir les besoins [3]. Lorsque l’objectif est d’augmenter les apports, plusieurs adaptations pratiques sont possibles : 1) prévoir des apports en glucides pendant les séances qui le nécessitent, sous forme de barres, de boissons ou de gels ; 2) éviter que des préparations très volumineuses et peu énergétiques, comme de grandes portions de crudités ou de soupe, ne prennent toute la place dans l’alimentation ; 3) utiliser des textures tendres ou mixées, par exemple du houmous plutôt que des pois chiches entiers, ou une purée de pommes de terre ; 4) inclure des préparations liquides, comme des boissons riches en glucides ou des boissons mixées ; 5) prévoir des collations plus énergétiques, par exemple des barres, des fruits à coque ou des boissons adaptées, en tenant compte des besoins en glucides autour de l’entraînement. La prise en charge d’un REDs doit aussi rechercher la cause du déficit et peut nécessiter une adaptation de la charge d’exercice avec l’équipe de santé et d’encadrement [3].
Conclusion
Des apports énergétiques adaptés sont essentiels à la santé et à la performance des sportifs. Lorsque l’alimentation ne couvre pas les besoins, des adaptations diététiques peuvent aider à augmenter les apports. La situation doit être évaluée individuellement afin de traiter les causes d’une faible disponibilité énergétique problématique.
Auteur
Lucas Jurado Fasoli – Docteur en biomédecine (UGR). Diététicien-nutritionniste. Chercheur postdoctoral à l’Instituto Mixto Universitario Deporte y Salud et au département de physiologie de l’Université de Grenade.
Références
[1] Mountjoy M, Ackerman KE, Bailey DM, Burke LM, Constantini N, Hackney AC, et al. 2023 International Olympic Committee’s (IOC) consensus statement on Relative Energy Deficiency in Sport (REDs). Br J Sports Med 2023;57:1073–97. https://doi.org/10.1136/bjsports-2023-106994. DOI
[2] Burke LM, Ackerman KE, Heikura IA, Hackney AC, Stellingwerff T. Mapping the complexities of Relative Energy Deficiency in Sport (REDs): development of a physiological model by a subgroup of the International Olympic Committee (IOC) Consensus on REDs. Br J Sports Med 2023;57:1098–108. DOI
[3] Torstveit MK, Ackerman KE, Constantini N, Holtzman B, Koehler K, Mountjoy ML, et al. Primary, secondary and tertiary prevention of Relative Energy Deficiency in Sport (REDs): a narrative review by a subgroup of the IOC consensus on REDs. Br J Sports Med 2023;57:1119–26. DOI
