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Créatine et sports d’endurance : glycogène et récupération

Quel intérêt la créatine peut-elle présenter en endurance ? Découvrez les études sur le glycogène et la récupération, ainsi que les limites des résultats sur la performance.

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La créatine est surtout connue pour son utilisation dans les sports de force et les efforts brefs et intenses. En augmentant les réserves musculaires de créatine, elle contribue au renouvellement rapide de l’ATP, une source d’énergie pour la contraction. Son intérêt dans les sports d’endurance a également été étudié, mais les effets sur le métabolisme ne se traduisent pas nécessairement par une amélioration des performances dans toutes les situations.

Le glycogène constitue une réserve importante pour les exercices d’intensité modérée à élevée. Son épuisement peut contribuer à la fatigue, notamment lors d’un effort prolongé comme le marathon. En endurance, les recherches sur la créatine portent notamment sur le stockage du glycogène et sa reconstitution après l’exercice. Une réserve plus élevée ne signifie toutefois pas nécessairement que l’athlète consomme moins de glycogène pendant l’effort.

Dans une étude menée auprès de douze athlètes masculins, une supplémentation de 12 g/j pendant quinze jours a été associée à des variations de certains marqueurs sanguins et urinaires après une course de 60 minutes à 65–70 % de la réserve de fréquence cardiaque [1]. Ces résultats ont conduit les auteurs à proposer des effets possibles sur le métabolisme des protéines et du glycogène ; ils ne constituent pas une mesure directe de l’épargne du glycogène musculaire. Dans une autre étude, douze cyclistes entraînés ont reçu 3 g/j de créatine ou un placebo pendant 28 jours avant un test de deux heures [2]. Le groupe créatine présentait davantage de glycogène musculaire au repos et vers la fin de l’effort, ainsi qu’une consommation d’oxygène inférieure d’environ 10 % à la fin du test sous-maximal. En revanche, la diminution du glycogène pendant l’exercice ne différait pas entre les groupes, et la créatine n’a pas amélioré le sprint final par rapport au placebo.

Glycogène musculaire après l’exercice aux jours 0, 1, 3 et 6 : groupes créatine et placebo avec glucides. Figure adaptée de Roberts et al. (2016), moyennes et erreurs standards ; détails et unités dans la légende.

Figure 1. Glycogène musculaire pendant six jours de récupération après un exercice épuisant les réserves. Les deux groupes recevaient une alimentation riche en glucides, associée à de la créatine ou à un placebo de glycine, avec sept participants par groupe. Valeurs moyennes ± erreur standard, en mmol/kg de muscle sec. Le jour 0 correspond à la mesure après l’exercice, avant la supplémentation. †† : p < 0,01 par rapport au jour 0 dans le même groupe ; ** : p < 0,01 par rapport au placebo au même moment. La différence entre groupes est indiquée aux jours 1 et 6. Graphique traduit et adapté de la figure 3 de Roberts et al. (2016), sous licence CC BY 4.0.

La créatine peut donc présenter un intérêt pour la reconstitution du glycogène après l’effort, dans certaines conditions, sans que l’on puisse en déduire une amélioration systématique de l’endurance. Dans l’étude de Roberts et ses collaborateurs [3], quatorze hommes ont pédalé jusqu’à épuisement à 70 % du VO₂peak, puis reçu 20 g/j de créatine ou de placebo pendant six jours, avec une alimentation contrôlée très riche en glucides. L’augmentation supplémentaire du stockage de glycogène avec la créatine s’est produite principalement pendant les premières 24 heures. Entre les jours 1 et 6, la vitesse de resynthèse ne différait pas entre groupes. L’étude portait sur la récupération métabolique et ne mesurait pas une amélioration de performance lors d’une nouvelle épreuve.

Ces observations peuvent intéresser les athlètes qui enchaînent des séances exigeantes avec peu de récupération, mais leur application doit tenir compte des conditions étudiées. Dans le protocole de Roberts et ses collaborateurs, les 20 g quotidiens étaient répartis en quatre prises de 5 g pendant six jours, avec une alimentation apportant plus de 80 % de l’énergie sous forme de glucides [3]. Ce protocole expérimental ne constitue pas une recommandation universelle pour chaque athlète d’endurance ni une garantie de meilleure performance. L’alimentation, la charge d’entraînement, la tolérance et le temps disponible pour récupérer restent à considérer ensemble.

Références
1. Tang FC, Chan CC, Kuo PL. Contribution of creatine to protein homeostasis in athletes after endurance and sprint running. Eur J Nutr. 2014;53(1):61-71. doi:10.1007/s00394-013-0498-6.
2. Hickner RC, Dyck DJ, Sklar J, Hatley H, Byrd P. Effect of 28 days of creatine ingestion on muscle metabolism and performance of a simulated cycling road race. J Int Soc Sports Nutr. 2010;7:26. doi:10.1186/1550-2783-7-26.
3. Roberts PA, Fox J, Peirce N, Jones SW, Casey A, Greenhaff PL. Creatine ingestion augments dietary carbohydrate mediated muscle glycogen supercompensation during the initial 24 h of recovery following prolonged exhaustive exercise in humans. Amino Acids. 2016;48(8):1831-1842. doi:10.1007/s00726-016-2252-x.

AUTEUR

Pedro Valenzuela
Chercheur à l’Unité de physiologie de l’Université d’Alcalá et à l’Unité de contrôle de la performance du Centre de médecine du sport (AEPSAD, CAR de Madrid).
Site web : www.fissac.com

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