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Sport et fonction immunitaire : interpréter les résultats

Entraînement, globules blancs et glutamine : distinguer les marqueurs immunitaires des infections réellement observées chez les sportifs.

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Une activité physique modérée et régulière peut contribuer au bon fonctionnement du système immunitaire. À l’inverse, les efforts très exigeants et les périodes de forte charge peuvent modifier certains marqueurs immunitaires. Cela ne signifie pas qu’un effort intense provoque systématiquement une infection : les résultats biologiques, les symptômes et le contexte de récupération doivent être distingués.

L’étude de Horn et al. (2010) a analysé 8 333 prélèvements provenant de 2 247 athlètes sur une période de dix ans. Les cyclistes et les triathlètes présentaient des numérations de globules blancs et de neutrophiles plus faibles que celles observées dans certains autres sports ; environ 16 % des résultats dans ces disciplines étaient inférieurs aux valeurs de référence. Ce pourcentage concerne des analyses, et non une proportion de sportifs dont l’immunité serait démontrée comme déficiente. Les auteurs considèrent ces valeurs basses comme probablement adaptatives plutôt que comme le signe d’une pathologie sous-jacente. La revue de Harris (2011) discute les infections chez les athlètes, notamment respiratoires, mais ces références ne permettent pas de conclure que tous les sportifs d’endurance sont davantage sujets aux infections que la population générale.

Pendant les périodes de forte charge, une alimentation apportant suffisamment d’énergie et de nutriments — notamment glucides, protéines et vitamines — fait partie des éléments à prendre en compte avec l’entraînement et la récupération. La glutamine a également été étudiée pour ses effets possibles sur la fonction immunitaire. Les résultats restent toutefois à interpréter selon le protocole et les critères mesurés : une modification d’un marqueur biologique n’établit pas, à elle seule, une prévention des infections.

Dans l’étude de Castell (1996), menée auprès de coureurs et de rameurs, 151 questionnaires portant sur les sept jours après l’exercice ont été retournés. Les participants recevaient deux boissons contenant de la glutamine ou un placebo, immédiatement puis deux heures après l’effort. Dans le groupe glutamine, 81 % des 72 répondants ne rapportaient pas d’infection, contre 49 % des 79 répondants du groupe placebo. Il s’agit de résultats déclarés dans ce protocole, qui ne constituent pas une garantie d’efficacité individuelle. Dans l’étude de Song (2015), 24 athlètes ont été répartis en deux groupes pendant six semaines de forte charge : la supplémentation à 10 g de glutamine par jour concernait les trois dernières semaines. Les chercheurs ont observé des différences de certains marqueurs, dont le rapport CD4+/CD8+ et l’activité des cellules NK. Ces mesures ne démontrent pas directement une réduction des infections cliniques.

En résumé, la charge d’entraînement, l’alimentation et la récupération doivent être considérées ensemble. Les études citées ne justifient ni d’attribuer un risque infectieux accru à tous les sportifs, ni de présenter la glutamine comme une protection établie contre les infections. Elles ne permettent pas non plus de définir un seuil universel d’efficacité à partir de 200 mg/kg chez l’athlète. Les résultats obtenus dans des situations cliniques de maladie ou de catabolisme accru ne doivent pas être automatiquement transposés aux personnes en bonne santé qui s’entraînent.

Références

  • Castell LM (1996) Does glutamine have a role in reducing infections in athletes? Eur J Appl Physiol Occup Physiol 73:488–490. doi: 10.1007/BF00334429
  • Harris MD (2011) Infectious disease in athletes. Curr Sports Med Rep 10:84–89. doi: 10.1249/JSR.0b013e3182142381
  • Horn PL, Pyne DB, Hopkins WG, Barnes CJ (2010) Lower white blood cell counts in elite athletes training for highly aerobic sports. Eur J Appl Physiol 110:925–932. doi: 10.1007/s00421-010-1573-9
  • Song Q (2015) Glutamine supplementation and immune function during heavy load training. doi: 10.5414/CP202227

AUTEUR

Pedro Valenzuela
Chercheur à l’unité de physiologie de l’Université d’Alcalá et à l’unité de contrôle de la performance du Centre de médecine du sport (AEPSAD, CAR de Madrid), selon la présentation de l’auteur à la date de cet article.
Site : www.fissac.com

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