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Le fer peut faire la différence

Le rôle du fer dans l’effort, les facteurs de déficit chez les sportifs et les limites des données sur l’alimentation et les compléments.

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Le fer peut faire la différence

Le fer est indispensable à l’apport d’oxygène aux tissus et à la production d’énergie dans les cellules. Il entre dans la composition de protéines comme l’hémoglobine, la myoglobine et les cytochromes, qui participent respectivement au transport ou au stockage de l’oxygène et au transfert d’électrons (Buratti et al., 2015).

Dans les aliments, on distingue le fer héminique, présent dans certaines sources animales, et le fer non héminique, présent notamment dans les végétaux mais aussi dans des aliments d’origine animale. Le fer héminique est généralement mieux absorbé. L’absorption du fer non héminique dépend davantage du repas : les phytates et les polyphénols peuvent notamment la réduire. La part d’environ 10 % de fer héminique évoquée dans l’article dépend du régime alimentaire ; ce n’est pas une proportion universelle.

Malgré son importance biologique, le déficit en fer est bien décrit chez les sportifs. Les études citées rapportent des prévalences de 26 à 31 % chez les femmes et de 3 à 11 % chez les hommes ; ces chiffres dépendent des populations et des critères retenus (Malczewska et al., 2001 ; Parks et al., 2017). Les pertes menstruelles et les besoins accrus pendant la grossesse contribuent au risque chez les femmes (McClung et al., 2014). Certaines études observent des réserves plus faibles chez les sportives que chez les femmes sédentaires, parfois malgré des apports alimentaires supérieurs (Spodaryk et al., 1996 ; Woolf et al., 2009). Plusieurs facteurs peuvent intervenir : apports insuffisants en fer ou en énergie, alimentation végétarienne mal planifiée et réponse inflammatoire après l’effort. L’interleukine-6 peut stimuler l’hepcidine, une hormone hépatique qui régule le métabolisme du fer et peut en limiter l’absorption (Díaz et al., 2015). Une alimentation végétarienne n’entraîne donc pas nécessairement un déficit.

Un déficit en fer peut s’accompagner de fatigue, de difficultés de concentration, d’une humeur altérée ou de somnolence ; il peut évoluer vers une anémie ferriprive. Ces manifestations peuvent affecter la qualité de vie et la performance, mais elles ne suffisent pas à poser un diagnostic : leur cause et le statut en fer doivent être évalués médicalement.

Le fer intervient dans le métabolisme oxydatif. Il revêt donc une importance particulière dans les sports d’endurance, qui sollicitent fortement les capacités cardiorespiratoires et dans lesquels le déficit est fréquemment décrit (Hinton, 2014 ; Sim et al., 2019). Les mécanismes évoqués comprennent une modification du métabolisme et du renouvellement du fer, ainsi que l’hémolyse liée aux impacts répétés du pied. Les pertes sudorales et les éventuels saignements digestifs constituent d’autres mécanismes, distincts de la destruction des globules rouges. L’article évoque une augmentation de 70 % des apports chez les coureuses de fond, à partir du repère britannique historique de 14,8 mg/jour (Whiting et Barabash, 2006). Ce calcul ne constitue pas une prescription individuelle. Des règles abondantes justifient une attention particulière et une évaluation professionnelle des besoins, plutôt qu’une augmentation automatique des apports ou des compléments.

Prévenir un déficit contribue à préserver la santé et la capacité à s’entraîner. L’adaptation de l’alimentation constitue une stratégie de première intention chez les sportives (Alaunyte et al., 2015). Une supplémentation éventuelle doit répondre à un besoin évalué. L’étude de Naclerio et al. (2017) comparait pendant 10 semaines une protéine de bœuf hydrolysée, une protéine de lactosérum et des glucides chez 24 triathlètes masculins de 35 à 60 ans. La ferritine augmentait dans le groupe bœuf. Ce résultat porte sur un petit échantillon et un produit étudié ; il ne démontre pas qu’une protéine de bœuf quelconque prévient ou traite une carence chez les sportives.

CONCLUSIONS

La nutrition fait partie des facteurs qui influencent la performance, sans expliquer à elle seule la réussite ou l’échec en compétition. Le suivi du statut en fer mérite une attention particulière en endurance, notamment chez les sportives lorsque se combinent charge d’entraînement, apports insuffisants et pertes menstruelles. Une alimentation adaptée doit couvrir les besoins en énergie et en fer. Le choix des sources alimentaires et l’éventuelle supplémentation s’individualisent avec un professionnel ; les résultats d’un essai sur la protéine de bœuf ne remplacent ni le diagnostic d’un déficit ni son traitement.

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Photographie de l’emballage historique de 3:1 PRO Recovery, saveur vanille.Photographie de l’emballage historique de 100% All Beef, saveur vanille. Photographie de l’emballage historique de Beef & Whey.

RÉFÉRENCES:

  • Alaunyte, I., Stojceska, V., & Plunkett, A. (2015). Iron and the female athlete: a review of dietary treatment methods for improving iron status and exercise performance. J Int Soc Sports Nutr, 12(1), 38
  • Buratti, P., Gammella, E., Rybinska, I., Cairo, G., & Recalcati, S. (2015). Recent advances in iron metabolism: relevance for health, exercise, and performance. Med Sci Sports Exerc47(8), 1596-604.
  • Díaz, V., Peinado, A. B., Barba‐Moreno, L., Altamura, S., Butragueño, J., González‐Gross, M., … & Gassmann, M. (2015). Elevated hepcidin serum level in response to inflammatory and iron signals in exercising athletes is independent of moderate supplementation with vitamin C and E. Physiol Rep, 3(8), e12475.
  • Hinton, P. S. (2014). Iron and the endurance athlete. Appl Physiol Nutr Metab, 39(9), 1012-1018.
  • Malczewska, J., Szczepańska, B., Stupnicki, R., & Sendecki, W. (2001). The assessment of frequency of iron deficiency in athletes from the transferrin receptor-ferritin index. Int J Sport Nutr Exerc Metab, 11(1), 42-52.
  • McClung, J. P., Gaffney-Stomberg, E., & Lee, J. J. (2014). Female athletes: a population at risk of vitamin and mineral deficiencies affecting health and performance. J Trace Elem Med Biol, 28(4), 388-392.
  • Naclerio, F., Seijo, M., Larumbe-Zabala, E., Ashrafi, N., Christides, T., Karsten, B., & Nielsen, B. V. (2017). Effects of supplementation with beef or whey protein versus carbohydrate in master triathletes. J Am Coll Nutr, 36(8), 593-601.
  • Parks, R. B., Hetzel, S. J., & Brooks, M. A. (2017). Iron Deficiency and Anemia among Collegiate Athletes: A Retrospective Chart Review. Med Sci Sports Exerc, 49(8), 1711-1715.
  • Sim, M., Garvican-Lewis, L. A., Cox, G. R., Govus, A., McKay, A. K., Stellingwerff, T., & Peeling, P. (2019). Iron considerations for the athlete: a narrative review. Eur J Appl Physiol, 1-16.
  • Spodaryk, K., Czekaj, J., & Sowa, W. (1996). Relationship among reduced level of stored iron and dietary iron in trained women. Physiol Res, 45:393–7.
  • Whiting, S. J., & Barabash, W. A. (2006). Dietary reference intakes for the micronutrients: considerations for physical activity. Appl Physiol Nutr Metab, 31(1), 80-85.
  • Woolf, K., St. Thomas, M. M., Hahn, N., Vaughan, L. A., Carlson, A. G., & Hinton, P. (2009). Iron status in highly active and sedentary young women. Int J Sport Nutr Exerc Metab, 19(5), 519-535.

 

AUTEUR — fonctions présentées dans l’article d’origine

Javier S. Morales
Enseignant et chercheur à l’Universidad Europea de Madrid.
Site web : www.fissac.com

 

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