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Supplémentation en β-hydroxy-β-méthylbutyrate (β-HMB) chez les personnes physiquement actives

Cette revue examine le HMB, un métabolite de la leucine, ses usages étudiés chez les personnes physiquement actives et les limites des données sur la santé musculaire et les performances.

Date
Auteur

Crown Sport Nutrition

Supplémentation en β-hydroxy-β-méthylbutyrate (β-HMB) chez les personnes physiquement actives

Dr Fernando Naclerio

Professeur en entraînement de la force et nutrition sportive
Directeur du Centre for Exercise Activity and Rehabilitation, Institute for Lifecourse Development
School of Human Sciences
Université de Greenwich

Résumé

Le β-hydroxy-β-méthylbutyrate, généralement appelé HMB, est un métabolite naturel de la leucine, un acide aminé essentiel. Souvent présenté comme un complément destiné à développer la masse musculaire, il fait surtout l’objet de recherches dans les situations où les muscles sont soumis à des contraintes importantes : entraînement inhabituel ou particulièrement exigeant, restriction énergétique, reprise après une blessure ou une période d’inactivité, ou vieillissement. Le HMB peut agir sur le renouvellement des protéines musculaires, en stimulant leur synthèse et en réduisant leur dégradation. Son intérêt potentiel concerne donc notamment la préservation de la masse musculaire, la récupération et le maintien de la fonction musculaire. Chez les personnes bien entraînées dont l’apport en protéines de qualité est suffisant, les bénéfices supplémentaires sur la force ou la prise de muscle semblent limités ou incertains. Les personnes âgées, les personnes exposées à une perte musculaire ou celles qui traversent une période d’entraînement ou de restriction alimentaire exigeante pourraient présenter un contexte différent. Les études utilisent fréquemment 3 g par jour, répartis en deux ou trois prises. La tolérance paraît généralement bonne aux doses étudiées, mais les résultats disponibles ne constituent pas une garantie pour toutes les situations ni pour une utilisation indéfinie. Le HMB s’envisage comme un complément ciblé, associé à des apports suffisants en protéines et en énergie, à un exercice progressif et à une récupération adaptée.

Introduction

Le β-hydroxy-β-méthylbutyrate, ou HMB, est un métabolite naturel de la leucine, un acide aminé essentiel à chaîne ramifiée, ou BCAA. Bien qu’il soit souvent présenté comme un moyen d’augmenter la masse musculaire ou les performances, son intérêt dépend du contexte. Il est notamment étudié pour son rôle potentiel dans la préservation de la masse musculaire, la réduction de la dégradation des protéines et la récupération, lorsque l’organisme subit un stress physique important, un exercice inhabituel, une restriction énergétique, le vieillissement ou d’autres situations associées à un bilan protéique musculaire négatif [1]. Dans une méta-analyse menée chez de jeunes adultes pratiquant la musculation, le HMB n’a pas amélioré les gains de masse maigre ou de force, ni la perte de masse grasse, au-delà des effets de l’entraînement [2]. Son intérêt reste à distinguer selon les populations et les contraintes subies. Une revue de méta-analyses suggère des bénéfices possibles sur la masse et la force musculaires, notamment dans des situations exposant à l’atrophie, avec une qualité méthodologique variable des travaux inclus [3].

Rôle biologique du β-HMB

Le HMB est produit à partir de la leucine, via un intermédiaire appelé α-cétoisocaproate. Seule une faible proportion de la leucine, de l’ordre de 5 %, est convertie en HMB [4]. Atteindre les 3 g par jour couramment utilisés dans les études au moyen des aliments ou de la leucine seule serait donc peu réaliste [5]. L’intérêt biologique du HMB tient à son action possible sur les deux versants du renouvellement des protéines musculaires : stimuler leur synthèse et réduire leur dégradation. Des études utilisant des traceurs chez l’être humain ont observé ces effets à court terme avec la forme acide libre, y compris une diminution de la dégradation qui ne semblait pas dépendre de l’action de l’insuline [6]. Des effets similaires ont été observés avec la forme calcique [7]. Ces réponses aiguës ne démontrent pas, à elles seules, un gain durable de masse ou de force chez toutes les personnes.

Le HMB peut intervenir dans la signalisation intracellulaire associée à la synthèse des protéines, tout en modulant des voies impliquées dans leur dégradation. Son rôle dans la synthèse du cholestérol est également étudié comme mécanisme possible de réparation des membranes musculaires après un exercice générant des lésions [8]. Bien qu’il soit étroitement lié à la leucine, il n’agit pas nécessairement de façon identique. Il pourrait contribuer à l’équilibre protéique musculaire, notamment en situation de catabolisme élevé ou de risque de perte musculaire [9]. Des travaux expérimentaux suggèrent aussi une influence sur des voies liées à la biogenèse mitochondriale et au métabolisme oxydatif ; des données humaines plus solides restent nécessaires [10].

Les résultats concernant la testostérone et le cortisol ne sont pas uniformes. Une méta-analyse rapporte des variations selon le type d’exercice et souligne le besoin de recherches supplémentaires [11]. Ces observations ne justifient pas de présenter le HMB comme un produit augmentant systématiquement la testostérone. Son intérêt étudié porte avant tout sur le métabolisme musculaire et la récupération dans des contextes précis.

Besoins et sources alimentaires de HMB

Aucun besoin alimentaire spécifique en HMB n’est établi. Des revues décrivent de petites quantités de HMB dans certains aliments, notamment le pamplemousse et le poisson-chat [5]. Ces apports restent très inférieurs aux quantités utilisées dans les études de supplémentation. La priorité nutritionnelle reste de couvrir les besoins en énergie et en protéines, en s’appuyant notamment sur des aliments riches en leucine : produits laitiers, œufs, viande, poisson, soja et autres sources de protéines de qualité. Un complément de HMB ne remplace pas des apports protéiques suffisants.

Dans quels contextes le HMB est-il étudié chez les personnes physiquement actives ?

Le HMB est surtout étudié lorsque la dégradation des protéines musculaires peut être accrue ou que l’adaptation à l’entraînement est mise à l’épreuve. Cela concerne notamment les personnes débutant un programme de musculation, les sportifs qui reprennent après une blessure ou une période d’inactivité, les phases d’entraînement au volume ou à l’intensité inhabituels, ainsi que la restriction énergétique et les sports à catégories de poids, où la préservation de la masse maigre compte [13]. Les résultats dépendent du stimulus d’entraînement et de la situation nutritionnelle ou physiologique ; ils ne garantissent pas un bénéfice dans chacun de ces cas [14].

Chez les sportifs bien entraînés qui consomment déjà suffisamment de protéines, autour de 1,6 à 2 g/kg/jour dans le contexte décrit ici, il est peu probable que le HMB apporte des gains importants supplémentaires de masse musculaire ou de force. La méta-analyse consacrée aux athlètes ne met pas en évidence d’effet global significatif sur la composition corporelle [15]. Un éventuel usage pendant une période exigeante, une préparation à la compétition, une réduction du poids ou une reprise doit donc rester ciblé, sans être présenté comme une stratégie anabolique majeure.

Chez les personnes âgées, le HMB fait l’objet de recherches sur la force, la fonction et la qualité musculaires, avec ou sans exercice ; les résultats de leur association sont variables [1]. Un essai récent a étudié son ajout à une prise de protéines de lactosérum chez des hommes et des femmes âgés. Il rapporte notamment une réponse de synthèse protéique accrue chez les femmes et une prolongation de la diminution de la dégradation après le repas [16]. Il s’agit d’une observation aiguë du métabolisme des protéines : elle ne prouve pas à elle seule une prévention durable de la perte musculaire et doit être confirmée par d’autres travaux.

Les différentes formes de HMB

Le HMB est principalement commercialisé sous deux formes : le HMB calcique, ou HMB-Ca, et la forme acide libre, ou HMB-FA. Le HMB-Ca est la forme traditionnelle, largement étudiée, généralement proposée en gélules, en comprimés ou en poudre.

Des études pharmacocinétiques ont observé une arrivée plus rapide du HMB dans le sang avec certaines formulations de HMB-FA qu’avec le HMB-Ca [17]. Cette différence de cinétique ne démontre pas une supériorité sur les performances. Les études aiguës utilisant des traceurs indiquent que les deux formes peuvent stimuler la synthèse des protéines musculaires et réduire leur dégradation à des quantités d’HMB comparables [7]. Les résultats dépendent aussi de la formulation et du mode de prise [18] ; la synthèse récente de l’ISSN décrit des résultats pharmacocinétiques encore variables [1].

Protocoles de prise étudiés

De nombreuses études chez l’être humain utilisent 3 g par jour, généralement répartis en deux ou trois prises. Une autre approche décrite dans la littérature est de 38 mg/kg/jour : cette quantité dépend du poids et ne correspond pas à 3 g pour tout le monde. Le schéma de 1 g au petit-déjeuner, 1 g au déjeuner et 1 g au dîner est un exemple de répartition étudiée ou proposée, pas une prescription individuelle [13].

Le moment de prise dépend notamment de la forme et des aliments consommés simultanément. Les protocoles décrits proposent souvent le HMB-Ca 60 à 120 minutes avant l’entraînement, ou le HMB-FA 30 à 60 minutes avant [13,17]. Pour un bloc d’entraînement très exigeant, la littérature a notamment étudié une prise commencée au moins 2 semaines, voire 2 à 3 semaines, avant la période concernée. Les protocoles de 2 à 8 semaines sont fréquents, sans constituer une durée optimale démontrée pour tous. Des interventions plus longues peuvent être pertinentes à étudier chez les personnes entraînées ou exposées à une perte musculaire [1,13]. La revue de méta-analyses examine également des interventions d’au moins 8 semaines, mais ne permet pas de transformer cette durée en règle universelle [3].

L’association avec une portion de protéines de qualité, par exemple du lactosérum, est étudiée chez les personnes âgées [16]. Les résultats aigus ne suffisent pas à établir un protocole optimal pendant une restriction énergétique ou une reprise. Les données disponibles ne justifient pas de recommander systématiquement des doses supérieures à 3 g par jour pour obtenir davantage de bénéfices chez l’adulte sain physiquement actif [13]. Il convient de respecter les indications du produit et de discuter d’un usage adapté avec un professionnel.

Tolérance et précautions

Les doses couramment étudiées, notamment 3 g par jour, paraissent généralement bien tolérées, sans signal majeur dans les essais cités [19]. La synthèse de l’ISSN rapporte également des données de tolérance jusqu’à un an [1]. Cela ne garantit pas l’absence de risque pour chaque personne, chaque formulation ou une prise indéfinie.

Des troubles digestifs légers, tels qu’une gêne abdominale, peuvent survenir. Répartir les prises est parfois proposé pour améliorer la tolérance [13]. En cas de maladie rénale ou hépatique, de situation médicale complexe, de grossesse ou de traitement médicamenteux, il est nécessaire de demander conseil à un professionnel de santé avant de commencer une supplémentation.

Conclusion

L’intérêt potentiel du HMB pour les muscles dépend de la situation. Il est étudié pour son action sur la dégradation des protéines musculaires, la récupération et la préservation de la masse maigre lorsque les contraintes physiologiques sont élevées ; il ne constitue pas un moyen universel d’améliorer les performances.

Les recherches concernent notamment les entraînements inhabituels ou intensifiés, la restriction énergétique, la reprise après une blessure ou une période d’inactivité et le vieillissement. Les 3 g par jour souvent utilisés dans les études ne dispensent pas d’une évaluation individuelle ni du respect des indications du complément. Des apports suffisants en protéines et en énergie, un exercice progressif et une récupération adaptée restent essentiels.

Flacon de HMB 3800 de Crown Sport Nutrition, 120 gélules

HMB 3800 : HMB calcique

HMB 3800 de Crown Sport Nutrition contient 3,8 g de HMB calcique par portion indiquée. Consultez la fiche du produit pour connaître sa composition, son format et ses conseils d’utilisation. La quantité de sel calcique ne doit pas être confondue avec une quantité identique de HMB sous forme d’acide libre.

EN SAVOIR PLUS

Références

  1. Rathmacher JA, Pitchford LM, Stout JR, et al. International society of sports nutrition position stand: β-hydroxy-β-methylbutyrate (HMB). J Int Soc Sports Nutr. 2025;22(1):2434734. doi: 10.1080/15502783.2024.2434734
  2. Jakubowski JS, Nunes EA, Teixeira FJ, et al. Supplementation with the leucine metabolite β-hydroxy-β-methylbutyrate (Hmb) does not improve resistance exercise-induced changes in body composition or strength in young subjects: A systematic review and meta-analysis. Nutrients. 2020;12(5):1523. doi: 10.3390/nu12051523
  3. Bideshki MV, Behzadi M, Jamali M, et al. Ergogenic Benefits of β-Hydroxy-β-Methyl Butyrate (HMB) Supplementation on Body Composition and Muscle Strength: An Umbrella Review of Meta-Analyses. J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2025;16(1):e13671. doi: 10.1002/jcsm.13671
  4. Van Koevering M, Nissen S. Oxidation of leucine and alpha-ketoisocaproate to beta-hydroxy-beta-methylbutyrate in vivo. Am. J. Physiol. Endocrinol. Metabol. 1992;262:E27–31. doi: 10.1152/ajpendo.1992.262.1.E27
  5. Wilson GJ, Wilson JM, Manninen AH. Effects of beta-hydroxy-beta-methylbutyrate (HMB) on exercise performance and body composition across varying levels of age, sex, and training experience: A review. Nutr Metab (Lond). 2008;5:1. doi: 10.1186/1743-7075-5-1
  6. Wilkinson DJ, Hossain T, Hill DS, et al. Effects of leucine and its metabolite β-hydroxy-β-methylbutyrate on human skeletal muscle protein metabolism. J. Physiol. 2013;591:2911–23. doi: 10.1113/jphysiol.2013.253203
  7. Wilkinson DJ, Hossain T, Limb MC, et al. Impact of the calcium form of β-hydroxy-β-methylbutyrate upon human skeletal muscle protein metabolism. Clin. Nutr. 2018;37:2068–75. doi: 10.1016/j.clnu.2017.09.024
  8. Holeček M. Beta-hydroxy-beta-methylbutyrate supplementation and skeletal muscle in healthy and muscle-wasting conditions. J Cachexia Sarcopenia Muscle. 2017;8:529–41. doi: 10.1002/jcsm.12208
  9. Sugimoto T, Kamei Y. Regulation of Skeletal Muscle Function by Amino Acids, Especially Non-Proteinogenic Amino Acids. J Nutr Sci Vitaminol (Tokyo). 2022;68:S31–3. doi: 10.3177/jnsv.68.S31
  10. He X, Duan Y, Yao K, et al. β-Hydroxy-β-methylbutyrate, mitochondrial biogenesis, and skeletal muscle health. Amino Acids. 2016;48:653–64. doi: 10.1007/s00726-015-2126-7
  11. Zhao L, Mohammad M. Testosterone and cortisol responses to ß-hydroxy ß-methylbutryate consumption and exercise: A meta-analysis. Food Sci Nutr. 2022;10:2815–24. doi: 10.1002/fsn3.2887
  12. Wójcik R, Małaczewska J, Zwierzchowski G, et al. The influence of dietary supplementation with the leucine metabolite β-hydroxy-β-methylbutyrate (HMB) on the chemotaxis, phagocytosis and respiratory burst of peripheral blood granulocytes and monocytes in calves. BMC Vet Res. 2020;16(1):171. doi: 10.1186/s12917-020-02389-1 [Étude chez le veau ; ne valide pas les besoins alimentaires humains.]
  13. Wilson JM, Fitschen PJ, Campbell B, et al. International Society of Sports Nutrition Position Stand: Beta-hydroxy-beta-methylbutyrate (HMB). J Int Soc Sports Nutr. 2013;10:6. doi: 10.1186/1550-2783-10-6
  14. Panton LB, Rathmacher JA, Baier S, et al. Nutritional supplementation of the leucine metabolite β-hydroxy-β- methylbutyrate (HMB) during resistance training. Nutrition. 2000;16:734–9. doi: 10.1016/S0899-9007(00)00376-2
  15. Holland BM, Roberts BM, Krieger JW, et al. Does HMB Enhance Body Composition in Athletes? A Systematic Review and Meta-analysis. J Strength Cond Res. 2022;36:585–92. doi: 10.1519/JSC.0000000000003461
  16. Smith K, Abdullah H, Rudrappa S, et al. The Effect of β-Hydroxy-β-Methyl Butyrate (HMB) upon Acute Fed-State Muscle Protein Turnover in Older Men and Women: A Randomized Double-Blind Controlled Crossover Clinical Trial. Nutrients. 2026;18(9):1449. doi: 10.3390/nu18091449
  17. Fuller JC, Sharp RL, Angus HF, et al. Comparison of availability and plasma clearance rates of β-hydroxy-β-methylbutyrate delivery in the free acid and calcium salt forms. Br. J. Nutr. 2015;114:1403–9. doi: 10.1017/S0007114515003050
  18. Fuller JC, Sharp RL, Angus HF, et al. Free acid gel form of β-hydroxy β- Methylbutyrate (HMB) improves HMB clearance from plasma in human subjects compared with the calcium HMB salt. Br. J. Nutr. 2011;105:367–72. doi: 10.1017/S0007114510003582
  19. Nissen S, Sharp RL, Panton L, et al. beta-hydroxy-beta-methylbutyrate (HMB) supplementation in humans is safe and may decrease cardiovascular risk factors. J Nutr. 2000;130:1937–45.

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